Chapitre 5 : Espoirs…
La balle était interloquée. Juran avait raison, c’était encore plus terrible qu’elle ne l’aurait imaginé. « Tu…Tu en es
sûr ? demanda-t-elle.
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Sûr et certain, lui répondit le vieil homme.
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Mais c’est impossible ! s’exclama la balle. Il ne peut pas s’être volatilisé.
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Et pourtant…
-
Personne ne le surveillait ?
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Si. Mais on les à retrouvés enfermés dans la cellule, et le Fantôme n’était plus là.
-
C’est terrible ! Pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt ?
-
Ne t’inquiètes pas, j’avais l’intention de te le dire, mais je ne voulais pas t’affoler dès ton retour en ville. Mais bon, tu es au courant
maintenant.
-
Oui, et je vais de ce pas prévenir Maya. »
La balle effectua un magnifique demi-tour et s’en alla, un peu moins vite qu’à l’aller, mais elle n’était cependant pas
tranquille.
Elle trouva Maya en train d’écrire une lettre à ses parents, pour qu’ils continuent à croire à son mensonge de camping. En voyant à
son amie un air tout aussi désespéré que toute les autres personne qu’elle avait rencontrées jusque là, celle-ci pensa qu’il devait réellement s’être passé quelque chose de grave. « Alors,
qu’est-ce qu’il t’a dit ? demanda-t-elle.
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Il s’est passé un évènement terrible.
-
Que s’est-il passé ?
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Le Fantôme a disparu.
-
Le Fantôme ? Qui est-ce ? Et pourquoi sa disparition met-elle tout le monde dans cet état ?
-
Je vais tout t’expliquer. Le Fantôme était à l’origine un vériteur, qui, à la suite d’un essaie loupé, a perdu la raison et la mémoire. Après ce regrettable
incident, beaucoup de personnes ont essayé de le soigner, mais personne n’a jamais réussi. Sans doute lassé de tous ces vains essais, le malheureux vériteur s’est tué. On alors découvert qu’il
n’avait jamais perdu ni la raison, ni la mémoire, mais que l’accident qu’il avait vécu avait inversé son caractère, c’est à dire qu’alors qu’il était si gentil et naïf avant, il était devenu rusé
et diabolique. Il avait ainsi mis au point, pendant qu’il était enfermé et qu’on essayait de le soigner, un produit qui lui permettrait, une fois mort, de devenir un fantôme et de faire régner le
mal sur Sialemina à tout jamais. Il n’a heureusement pas réussi, du moins pas aussi longtemps qu’il le souhaitait, car l’homme qui dirigeait le Bureau à cette époque, Louis, a donné sa vie pour que l’on réussisse à l’enfermer. Depuis ce jour, sa cellule, entourée de nombreux sorts lancés par le Génie, était gardée par deux hommes,
au minimum, qui étaient eux aussi protégés par des sorts. Personne ne sait comment il a pu s’échapper.
-
Mais c’est horrible !
-
Tu l’as dit. Et le pire, dans tout ça, c’est que personne ne sait comment avait fait Louis pour l’enfermer.
-
Il n’y a donc aucun moyen de résoudre ce problème ?
-
Non. Nous somme condamnés à subir les pires horreurs du monde, en attendant de trouver un moyen, s’il y en a un.
-
Il y a forcément un moyen. Ce fameux Louis n’a pas tout fait tout seul, il y a bien quelqu’un qui a vu comment il a fait, et qui l’a peut-être même
aidé.
-
Certainement, mais cette histoire c’est déroulée il y a plus de cinq siècle, et même si les témoins étaient encore vivant, ils auraient oubliés.
-
Alors procédons par ordre logique, afin de trouver une solution. C’est toujours comme ça que je fais. Première chose, résumer la situation. Le Fantôme s’est
échappé. Deuxième chose, comment s’est-il échappé ?
-
C’est justement là le problème. Ta méthode est bonne, mais si on n’a pas les réponses aux questions, on ne peut pas avancer dans le raisonnement.
-
Et bien, il suffit de les trouver, les réponses. C’est le but.
-
Je veux bien, mais comment peut-on trouver les réponses à des questions comme ça ?
-
En émettant des hypothèses et en les vérifiant, comme en S.V.T. Donc, quelles sont les hypothèses ?
-
Que les effets de la potion se soient dissipés, mais dans ce cas, les gardes n’auraient pas été retrouvés enfermés dans la cellule.
-
L’hypothèse est donc fausse. Est-il possible que les sorts protecteurs du génie aient cessé de faire effet ?
-
Tout à fait impossible.
-
Et que le Fantôme ait amadoué les gardes ?
-
Il les aurait emmenés ou tués.
-
Alors…Qu’il ait reçu une aide de l’extérieur ?
-
Pas impossible. Il faudrait interroger les gardes pour le vérifier.
-
Et bien allons y !
Les deux amies se rendirent donc au Bureau, pour demander où se trouvaient les gardes, et s’il était possible de les interroger. Elles
furent déçues d’apprendre que les deux hommes n’avaient plus aucun souvenir. Juran leur expliqua que le Génie les avait examinés, et qu’ils semblaient simplement avoir pris un gros coup sur la
tête. Maya s’apprêtait à lui exposer leur hypothèse, quand un grand bruit retentit. La porte s’ouvrit à la volée. Une vieille dame entra, complètement terrorisée. « Il est là !
hurla-t-elle. Sur la place ! Vite ! »
Tout le monde se précipita. Le Fantôme était sur la place, entouré d’une foule de gens. « Vous m’avez enfermé pendant longtemps, mais à présent, je suis libre ! psalmodiait-il. Et vous allez regretter d’avoir entravé le
mal ! Vous allez souffrir ! » Maya se demandait ce qu’il entendait par « vous allez souffrir ». Comptait-il tuer des gens ? Ou bien les torturer ? Elle se
tourna vers Juran pour lui poser la question, mais celui-ci lui fit un signe de la main pour lui faire comprendre que ce n’était pas le moment. Quand elle dirigea de nouveaux son regard vers le
Fantôme, il n’était plus là. Au lieu de paraître soulagé, Juran eu l’air encore plus inquiet. De plus en plus pensive, Maya le suivit tandis qu’il marchait en direction d’une petite porte. Après
un regard en arrière pour s’assurer qu’ils n’étaient pas suivis, il la fit entrer dans une petite pièce, qui, une fois les lumières allumées, se révéla être un cagibi, en grande partie occupé par
des livres. « Les propriétés du Fantôme, murmura le vieil homme tout en regardant les titres des livres, ah le voilà ! » Il brandissait en effet un gros livre poussiéreux, sur
lequel on pouvait lire : « Le Fantôme, une fatalité » Il l’ouvrit et commença à lire : « Qui n’a jamais rêvé d’être un fantôme, de traverser les murs, de s’envoler… Pas Farges Litun, en tout cas,
car il a réussi ! Cependant, personne ne connaissait les propriétés des fantômes, et on découvrit, à la surprise générale, que les fantômes, en plus de traverser les murs et de voler,
pouvaient aussi se rendre invisible, avaient quelques pouvoirs, et pouvaient vivre comme n’importe quel être humain : ils pouvaient toucher et porter des objets sans les traverser, manger,
et ils devaient bien sûr obéir aux lois de la nature (aller aux toilettes !). » Juran referma le livre et
dit : « C’est tout ce que l’on sait sur le Fantôme. C’est pratiquement impossible de l’avoir dans ces conditions. La légende dit que Louis le Sauveur aurait confié ses intentions à son
journal intime avant de se sacrifier, mais jamais personne n’a pu le prouver. Si toutefois ce journal existe toujours, c’est ici que résident nos chances de le trouver. Aidez-moi à
chercher ! »
Maya posa la balle sur le sol et avança vers une pile de livre. Les titres étaient recouverts de poussière. La jeune fille ouvrit un
livre au hasard. Malgré que la petite pièce soie suffisamment éclairée, elle n’arrivait pas à lire, les mots étaient à moitié effacés, parfois même complètement. Les pages menaçaient de tomber en
miettes. Maya reposa l’ouvrage et essuya la poussière qui en recouvrait le titre. Malheureusement, lui aussi était effacé. On distinguait encore, à certains endroits, des traces dorées. Elle
essuya les titres des autres livres, mais le peu dont elle arrivait à les lire ne traitaient que des finances et de l’économie du pays.
Désespérée et exténuée après avoir ouverts et lus des livres dont les pages ne comportaient presque que des chiffres, elle chercha un
endroit pour se reposer quelques minutes. Elle s’assit entre deux piles de livres et aperçu une feuille par terre. Elle la ramassa délicatement. Seuls quelques mots étaient encore lisibles.
« Oui,
lut-elle, je vais l………C’est le seu………de lib……Sialemina
de……mena…………Fantôme. Je crois que j’ai trouvé !
-
Tu as trouvé ? C’est vrai ? demanda la balle.
-
Je pense que oui, commença Maya, mais…
-
Montre-moi ce que tu as trouvé ! » l’interrompit Juran.
Maya lui montra le document. « Mais…M…Mais c’est illisible !
-
C’est bien ça ? demanda la balle.
-
Oui mais ce qu’on cherche n’est pas marqué dessus. Enfin, n’est plus marqué dessus. Où as-tu trouvé ça, Maya ?
-
C’était par terre, par ici, répondit celle-ci en désignant l’endroit où elle s’était assise.
-
La feuille est sûrement tombée d’un livre, déclara la balle. L’un de vous a-t-il cherché par ici ?
-
Non, assura Maya, j’étais du côté des finances.
-
Et moi vers la porte, dit Juran. Si on cherche tout les trois de ce côté, on aura tôt fait de trouver ce journal intime.
-
Alors, au boulot ! » s’exclama joyeusement la balle.
Mais la bonne
humeur qui s’était emparée du groupe à l’annonce de la découverte céda vite place au désespoir et à la colère. Ils ressortirent bredouilles du placard.